
L’indépendance du Kosovo : l'inéluctabilité sans alternative. Par LNK- MAYAMA Une semaine après, l`indépendance du Kosovo s'affirme comme l'un des actes majeurs qui influencera la conflictualité des relations internationales. Pour la Serbie, c'est le point d'achèvement du démantèlement subi après l'effondrement de l'Union Soviétique, mais surtout la fin de l'idéal slave redynamisé lors de la réunification après la première guerre mondiale. Le royaume de Yougoslavie fut de facto créé en 1918, il comprenait entre autre le royaume des Serbes, des slovènes et des croates. Ces différentes couronnes issues du démantèlement de l`Empire Austro-hongrois se regroupèrent formellement sous le royaume de Yougoslavie en 1929. Apres l`invasion par l`Axe en 1941, le royaume deviendra une république fédérale socialiste. Placée sous satellisation soviétique, la fédération ne survivra pas au déclin de le l`URSS, six républiques déclareront leur indépendance, parmi lesquelles la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, et la Bosnie-Herzégovine qui fera sécession après les événements tragiques et le Monténégro. Des cendres de la fédération yougoslave, sera constitué un Etat Serbe, incluant les provinces autonomes du Kosovo et de Vojvodine. Le Kosovo marque ainsi le sceau balkanique ultime de la déterritorialisation de la Yougoslavie, sans réaffectation a priori. Du conseil de sécurité il ne faudrait pas espérer plus qu`il n`est capable de réaliser. Ce qui est à craindre c`est la latitude des relations entre la Russie d`un coté, l`Union européenne et les Etats-Unis d`autre part. Les divergences entre les pays de l`Union confirme prima facie la difficulté d` adopter une stratégie commune, mais encore le manque de cohésion et de visibilité sur une question majeure de sécurité et de paix en Europe. Ces divergences font surtout apparaître la crainte légitime et réelle d`un effet boomerang de la sécession unilatérale du Kosovo. La minorité serbe du Kosovo et la république sparka (serbes de Bosnie) pourraient elles aussi unilatéralement se déclarées indépendantes, et la Serbie espérer bâtir une Grande Serbie. La Chine se confronte aux revendications Tibétaines et des Ouigours, la Turquie neo-Kémaliste annihile l`espoir kurde, l`Espagne se heurte aux velléités basques, le Sri Lanka entretient une guerre civile avec les séparatistes Tamouls, Chypre se confronte au séparatisme de Chypre-Nord, peuplée de Turcs, la Transnistrie, partie de la Moldavie située à l'Est du Dniepr réclame son indépendance… Inéluctablement, les revendications abyssales caucasiennes ont resurgi des l`annonce de l`indépendance du Kosovo. La Russie certes contrôle la Tchétchénie, néanmoins le Caucase n`est pas à l`abri d`un regain de velléités conflictuelles. L`Abkhazie et l`Ossétie du Nord, régions séparatistes de la Georgie réclament leur indépendance. Quelle sera la réaction de la Russie ? L`indépendance du Kosovo s`ajoute au dossier du bouclier anti-missile qui mine les relations américano-russes, sans oublier l`arme énergétique que Moscou ne s`empêche pas de brandir contre des anciennes républiques satellites devenues indépendantes. Le Kosovo partage une frontière occidentale avec le Monténégro, au nord se situe la Serbie, au sud-ouest l`Albanie et au sud-est la Macédoine. La région ne dispose d`aucune ouverture maritime et fluviale. Elle a été placée sous administration onusienne sur autorisation de la résolution 1244 du conseil de sécurité du 10 juin 1999, le conseil entérinant ainsi le processus de Rambouillet. Seulement, le 26 mars 2007 Ban Ki-moon transmettais un avis favorable au conseil de sécurité sur l`indépendance du Kosovo, confortant de facto le plan du finlandais Martti Ahtisaari qui optait pour « une indépendance initialement supervisée du Kosovo ». Selon le plan soutenu par le médiateur finlandais, l`ONU et l`Union Européenne tutelliseraient de jure la province serbe peuplée en majorité d`albanais à hauteur de 90%. La province entamerait alors un processus encadré vers l`indépendance et une reconnaissance internationale à moyen terme. Impossible de ne pas établir un parallèle avec le conflit feutré entre le Maroc et la république Arabe Sarahouie Démocratique ; si comparaison n`entraîne pas raison, elle induit nonobstant a minima instruction. Car, la résolution initiale du conseil de sécurité ne mentionne aucunement la possibilité pour le Kosovo d` accéder éventuellement à la souveraineté internationale, de surcroît c`est dans la déclaration de Pettersberg du 06 mai 1999, en annexe de la résolution , ( Point 8 et 9 annexe 2) qu`il est stipulé qu`un accord doit être établi, incluant et respectant : « Un processus politique en vue de l'établissement d'un accord-cadre politique intérimaire prévoyant pour le Kosovo une autonomie substantielle, qui tienne pleinement compte des Accords de Rambouillet et du principe de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie et des autres pays de la région, et la démilitarisation de l'ALK. Les négociations entre les parties en vue d'un règlement ne devraient pas retarder ni perturber la mise en place d'institutions d'auto- administration démocratiques. (Point 8)… Il s'agira notamment de mettre en oeuvre un pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est avec une large participation internationale en vue de favoriser la démocratie, la prospérité économique, la stabilité et la coopération régionale » (point 9). C`est sur le fondement de la résolution 1244 que la Russie et la Serbie exigeaient du conseil de sécurité qu`il déclarât irrecevable et illégale la déclaration d`indépendance du Kosovo. Le veto de la France, des États-Unis et de la Grande-Bretagne confirmera le désaccord des P5 sur la question du Kosovo. In fine, à la lumière des événements et de la résolution 1244 du conseil de sécurité, la déclaration unilatérale d`indépendance du Kosovo s`assimile à une partition de fait, contraire au droit international, légitimée par certaines puissances mondiales. La nécessite d`un accord entre Belgrade et la région sécessionniste, quelque soit la durée et les difficultés rencontrées constituait un argumentum ad convenientam. Malheureusement, il a été aussi vite anesthésié que le consensus americano-européen sous-jacent de l`indépendance du Kosovo mis à découvert et légitimé. On est bien loin de la déclaration de Madeleine Albright en 1999 à Rambouillet qui n`entrevoyait pas une indépendance du Kosovo, à moyen comme à long terme. L`enjeu futur se déroulera moins d`en l`enceinte onusienne, moins entre les vicissitudes de la politique étrangère européenne que dans le rapport de force qui s`installera entre l`alliance Moscou-Belgrade et l`axe americano-britannico-francais. Une pax Europa s`impose et s`imposera, afin d`éviter la résurgence d`un conflit, mais elle ne pourra s'astreindre de l'économie de la concession diplomatique et géostratégique, l'enjeu étant de ne pas réajuster le nouvel équilibre fragile instauré, nouvel équilibre souhaité à Washington, Londres, Berlin et Paris. Du cote de la Serbie, le syndrome de Sèvres s`annoncera inéluctable, son rôle de puissance régionale et sa capacité avec l`aide de la Russie et de la Chine à influencer en sa faveur le jeu d` intérêts asymétriques et les rapports de force constitueront un volet irréductible de sa politique de voisinage. LNK-MAYAMA |
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