
Choquant et révoltant : « […] Mais, on me dit qu'il [Pascal Lissouba] est malade. Dans ce cas, sa place, raisonnablement, est sans doute plus à Paris qu'à Brazzaville », Par Bienvenu MABILEMONO Le Congo ne peut pas soigner ses malades. Voilà en clair l’aveux que vient de faire M. Sassou dans son interview à « Jeune Afrique » en parlant de son frère « F », Pascal Lissouba : « Une amnistie pourquoi pas. Ce n'est pas un problème pour moi et ce n'est pas ce qui empêchera les Congolais de dormir » (…) a-t-il dit avec comme l’accoutumée une bonne dose d’arrogance et de cynisme. Et de poursuivre : « Mais, on me dit qu'il [Pascal Lissouba] est malade. Dans ce cas, sa place, raisonnablement, est sans doute plus à Paris qu'à Brazzaville ». Avant d’ajouter : « après tout, nous avons laissé à M. Lissouba la jouissance de son hôtel particulier de la rue de Prony dans le 17ème arrondissement de Paris, auquel les ONG, curieusement, ne s'intéressent pas ». Voilà donc quelqu’un qui dévoie l’image de franc-maçonnerie et qui est soi-disant chef d’Etat d’un pays de moins de 3 millions d’habitants, producteur de pétrole, avec un baril à plus de 110 dollars, qui est visiblement très fier de dire au monde entier que son pays est incapable de donner des soins décents à ses malades. Là où le bât blesse donc c’est que M. Sassou semble dire à travers ces propos cyniques et insultants envers son propre frère « F » que dès lors qu’un congolais est frappé par la malade, il n’a plus sa place au Congo. Sa place est « raisonnablement plus à Paris qu'à Brazzaville ». Alors dans ce cas, que dit-il de nos 70% de pauvres qui ne peuvent pas aller se faire soigner gracieusement à Paris comme lui et sa famille aux frais de l’Etat ? Est-ce la chronique d’une mort collective annoncée pour nos 70% de pauvres ? Est-ce que c’est sa façon à lui de leur dire (à ces 70% de pauvres que compte le Congo) que leur sort est scellé, en cas de maladie, pour eux c’est la mort certaine ? Qui ignore les conditions drastiques imposées à nos compatriotes candidats au voyage pour France, qu’il s’agisse d’un voyage pour des raisons médicales ou pas ; conditions que son gouvernement s’est empressé récemment de signer avec M. Brice Hortefeux, ministre français de l’ immigration ? Franchement, de qui se moque-t-il donc ? C’est simplement insultant. C’est choquant et c’est révoltant. En parlant cet hôtel particulier détenu en France par M. Pascal Lissouba, Sassou croit peut être justifier les vols et les détournements de plusieurs centaines de milliards d’euros dont lui et sa famille se sont rendus coupables. Mais là où il fait une grave erreur c’est que M. Pascal Lissouba, qui est du reste le seul président démocratiquement élu de toute l’histoire récente de notre pays et qui avait donc toute sa légitimité, avait déjà publiquement avoué l’existence de cet hôtel particulier devant les cameras de TF1 et de LCI dès 1997. Il avait même expliqué la manière dont celui-ci avait été financé, en partie par les fonds publics congolais. En tout cas, contrairement à M. Sassou et sa famille qui possèdent tout un empire immobilier et de nombreuses voitures de luxe en France (cf. : http://fr. youtube.com/watch?v=sZsVjE04ZGs), M. Pascal Lissouba lui, ne possède que cet hôtel particulier qu’ il n’a d’ailleurs jamais caché aux yeux du monde entier. Qui peut raisonnablement reproché à un chef d’ Etat d’avoir un pied à terre en France ? Alors, Sassou qui a fait condamner Lissouba pour détournement de fonds publics et crimes économiques peut-il nous citer un deuxième ou troisième bien immobilier appartenant à ce dernier en France ? Peut-il, lui qui sait tout, combien de biens immobiliers les enfants et les neveux de Pascal Lissouba possèdent-ils au Maroc, en France, en Espagne, en Chine ou au Brésil ? Peut-il nous dire combien de sociétés écrans avaient été créées par Pascal Lissouba et sa famille sous sa présidence pour détourner les fonds publics congolais ? Peut-il nous dire à combien Pascal Lissouba a laissé la dette extérieure du Congo, et lui à combien l’a-t-il amenée aujourd’hui avec un baril à plus de 110 dollars ? Mais bon, disons que M. Sassou a au moins raison sur un seul point : ce n’est effectivement pas le retour au bercail de Pascal Lissouba qui empêchera les congolais de dormir, mais c’est bien la misère dans laquelle il les contraints à vivre en dépit de la flambée du cours du baril de pétrole qui dépasse les 110 dollars, ce qui aurait permis d’éradiquer la pauvreté dans ce petit pays et permettre aux 2.7 millions de congolais de vivre plus dignement des richesses de leur pays. Bienvenu MABILEMONO |