Le Soleil de Greenwich

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             LA DEMOCRATIE EST- ELLE UNE
     UTOPIE POUR LES PEUPLES D’AFRIQUE?



                                                                               
Par
                                                       
 DIAGNE Momar Mbaye



Le monde est parsemé d’opposé, cela donne à l’univers, une dimension qui suscite émerveillement et
étonnement. Nous baignons dans une sorte d’antagonisme qui se traduit par le jour et la nuit ; le bien et
le mal ; la liberté et la servitude.

Toutefois, la liberté et la servitude ont longtemps été au cœur des préoccupations de l’homo sapiens. L’
homme a besoin de s’affranchir de toutes contraintes, privations car il a envie d’exister.
La liberté n’a de sens que si les gens sont  maîtres de leur destin, le libre choix est reconnu et la volonté  
du peuple est respectée dans la limite des lois. Notre continent ne cesse de soulever des débats et des
interrogations. Après la traite négrière, l’Afrique rentre  dans la phase de la colonisation ; puis arrive « le
soleil des indépendances » ; enfin elle est confrontée à la pratique de la démocratie. Comment ce
berceau de l’humanité en est-il arrivé là ? Est ce irréversible ? Non je refuse de le croire car il n’y a pas
de fatalité.
L’être humain est capable de bien des choses, il suffit d’y croire et d’œuvrer pour que cela devienne une
réalité.
Je ne m’interdis pas de rêver ; d’une Afrique prospère où la paix n’est pas un souhait mais une
évidence et la démocratie n’est pas une aspiration mais une certitude.

Les grandes puissances ont à un moment donné de leur existence traversé des crises politiques,
institutionnelles mais l’amour de leur patrie et l’envie de construire un monde meilleur font qu’ils se sont
mis au travail pour bâtir des nations fortes avec des valeurs comme le travail, la paix, la sécurité pour ne
citer que celles là.
Nous sommes à la traîne, ceci se traduit par la négation du développement, de la paix et même l’
organisation d’élections qui ne rime pas avec le vol,la tricherie,l’ achat des consciences est une
épreuve pénible.

En effet, la tenue d’élections dans des conditions chaotiques  a fait  que les africains ont perdu foi dans
les élections.
De quoi demain sera fait ? Quel héritage nos dirigeants laisseront à la future génération.
L’image d’une Afrique malade, sclérosée qui refuse de prendre conscience qu’elle est le berceau de l’
humanité donc le devoir de montrer l’exemple.

La démocratie est un combat permanent, c’est pour cela nous devons être vigilants à tous les instants.
Force est d’admettre que les résultats très contestés des élections au Nigéria, au Mali, au Sénégal,
pays cités comme modèles du genre montrent que la démocratie n’est pas un long fleuve tranquille. De
plus les élections au Congo Brazzaville révèlent une fois de plus, la carence des Etas africains en
matière de respect du suffrage universel, de l’indépendance de la justice et la liberté de la presse.
Certains bureaux de vote affichent un taux de participation  de 4 %, preuve de l’indifférence de la
population qui considère que c’est inutile d’accomplir son devoir civique pour des elections dont les
resultats sont connus d’avance.  En effet au Congo Brazzaville, Le pouvoir en place a pris l’habitude
depuis cnq ans de nommer ses deputes  . La tenue d’élections législatives boycottées par l’opposition
au Sénégal, avec un taux de participation de 30 % au niveau national (5 millions d’électeurs) illustre la
gravité du problème.
Il n’y a en démocratie d’autorité légitime que celle issue d’une élection où l’on note le respect de la
volonté populaire et des droits de l’homme

Les citoyens ont le droit de choisir librement les législateurs chargés  de contrôler, de veiller à l’
application des politiques mises en place par l’exécutif.
En effet, le mot  latin « eligere » qui veut dire choisir, nous montre ce qu’est l’élection, qui n’est rien d’
autres  que « le choix par les citoyens de certains d’entre eux pour la conduite des affaires publiques »,
il est évident que l’opinion du peuple doit être prise en compte et cela passe d’abord par l’organisation
d’élections libres et démocratiques, condition sine qua none de légitimité de l’ordre politique. Mais les
dirigeants africains décident à la place du peuple en leur privant la liberté de choix, ceci ne peut qu’être
qualifié de mépris. Est-ce qu’on peut gouverner sans tenir compte de l’avis des citoyens qui subissent
chaque jour les conséquences des actes politiques posés par les décideurs.

Le discours de François  Mitterrand, Président de la France qui disait « le souffle de la démocratie fera  
le tour de la planète », ne semble pas toucher les chefs d’Etats africains présents lors du 16éme
sommet des chefs d’Etat de France et d’Afrique à la Baule en 1990.

Force est de reconnaître que dix sept ans après, la  situation de l’Afrique reste inchangée, de plus, nous
conviendrons que des réflexions doivent être menées afin de sortir l’Afrique de cet impasse.

L’absence de démocratie ne favorise pas le développement, l’une  n’étant pas censée aller sans l’autre.
Il est illusoire de penser qu’un pays où le vote n’est pas important, l’avis du peuple est réduit à néant  ,
peut arpenter le chemin du développement et de surcroit retrouver la stabilité.

Devons nous dire que l’histoire a donné raison à  Jacques Chirac, Président de la France qui disait en
1990 que « l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie ».

Cette phrase a suscité des critiques au niveau des intellectuels africains et certains chefs d’Etats, je
pense pour ma part que nos dirigeants doivent faire de la démocratie leur cheval de bataille car il y va
de l’avenir de ce continent qui continue de souffrir des agissements des politiques.

Nous devons méditer les propos de Jean Jacques Rousseau « le plus fort n’est jamais assez fort pour
être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et obéissance en devoir »



                      
                                          Momar Mbaye DIAGNE