
Passation de service au ministère de la pêche maritime et continentale, chargé de l’aquaculture Parfait Kolélas : « Je sors de l’école du développement intégral… ». Après la présentation des vœux des corps constitués du pays au président de la République, Denis Sassou N’guesso, le lundi 07 janvier dernier, à la présidence, la série des passations des témoins entre ministres entrants et sortants a commencé, dans la matinée du mardi 8 du mois en cours. Pour cette première journée, il s’est agit de Adélaïde Moundélé-Ngollo, ministre du commerce sortant, et Jeanne Dambenzet, d’une part, et de l’autre, Guy Brice Parfait Kolélas qui prenait les commandes de la pêche maritime et continentale des mains de Philippe Nvuo. Voici, dans quelques lignes, les moments phares qui ont dominé la passation de service entre les deux derniers ministres cités. Particulière, mais alors très particulière a été la cérémonie de passage de témoin entre Parfait Kolélas et Philippe Nvuo. Particulière de par sa forme, particulière également dans son fond. Du point de vue de la forme, jamais une passation de service n’a drainé autant de monde du côté des entrants tout comme de celui des sortants. A première vue, la salle des conférences au rez-de- chaussée de la tour Nabémba (la plus haute de l’Afrique Centrale avec une trentaine d’étages) a donné l’impression d’un affrontement intellectuel entre deux camps qui se regardaient face à face. Du côté des sortants, tous les cadres (en tout cas en nombre impressionnant), la mine plus ou moins déçue, mais affichant une volonté stoïque de dépassement aidant à dominer ses ennuis intérieurs, attendaient avec beaucoup d’intérêt apparent cette cérémonie. C’était comme si quelque chose d’ inattendu aux yeux des heureux venus au département de la pêche, mais profitable aux sortants, devait se produire. Dans l’autre camp, celui des nouveaux venus, un monde aux visages rayonnants de bonne humeur, attendant fiévreusement l’heure de la passation. Certains consultaient les montres et les regards trahissait une pensée qui devrait traverser leur esprit : « que ça traîne ! ». Dans la foule, on a pu reconnaître les fidèles de Bernard Kolélas, dont Prospère Diatoulou (Directeur de Cabinet du président du MCDDI) et le député Euloge Landry Kolélas. A cela, il faut ajouter bien d’autres collaborateurs de Parfait Kolélas. Sans tambours battants, les deux ministres font leurs entrée, par la petite porte d’à côté, qui visiblement devrait être une issue de secours. Des deux côtés, l’on se lève pour saluer l’arrivée des excellences. Parfait Kolélas affiche une mine sereine et, a première vue, désintéressée. Mais, ses yeux cachent mal ses bons sentiments au fond de lui. Philippe Nvuo, lui, se montre plus qu’amusant, donnant l’impressionnant de laisser le département et le gouvernement avec plaisir. Seulement, le discours de ce ministre sortant laisse comprendre que l’homme est plein de nostalgie. (C’est naturel !). A travers son mot de circonstance, il relève la loi naturelle du changement et de renouvellement, comme qui dirait que tout est mouvement, tout est changement. Il précise que la course dans laquelle s’ est engagé Parfait Kolélas possède un point de départ, mais manque celui d’arrivée. Ceci pour dire qu’un jour, l’exercice de ses fonctions pourrait lui être retirée et pour être confiée à une autre personne qui devra en assurer la continuité. Philippe Nvuo est aller plus loin en soutenant qu’il a trouvé un département « sans vie », aux « cadres compétents, mais pas utilisés à leur juste valeur ». Il jure que ceux-ci ont travaillé sans mobiliers, ne jouissant d’aucun intérêt financier. « Tout le bénéfice qu’ils ont pu tirer de leur travail, c’est la fierté d’être cadres congolais », a dit Philippe Nvuo avant d’inviter son successeur de ne pas les mettre « de côté ». A travers ces mots, l’on a pu comprendre ce « quelque chose d’inattendu » préparé du côté des sortants : ce plaidoyer pour le maintien de ses ex collaborateur au ministère. Philippe Nvuo ne s’est pas arrêté là. Il a relevé ses mérites d’avoir été « à l’école de Sassou » qui, en 5 ans de commandes dans divers ministères, a fait de lui un « homme expérimenté ». Sortant du cadre même de la cérémonie, il a loué les qualités du Président de la République, avant de conclure, après une quinzaine de minutes de discours ininterrompu, qu’il se consacrerait désormais « entièrement au PCT » pour favoriser l’élection dès le 1er tour du Président Sassou Nguesso. Pour des esprits éclairés, le message de N’vuo était clairs : d’abords à l’endroit de Parfait Kolélas de ne pas abandonner les collaborateurs trouvés sur le terrain, et envers le chef de l’Etat de ne pas commettre l’erreur d’écarter des politiques qu’il a lui-même formés dans cette « école Sassou ». Après, la lecture du procès verbal de la cérémonie et la remise au nouveau Directeur de cabinet des dossiers urgents et prioritaires en cours dans le secteurs de la pêche, dont la coopération avec les chinois installés à Pointe-Noire, le projet de contrôle par satellite des activités de pêche dans les eaux congolaises, la formation des cadres de pêche à travers la mise en place d’une école de formation en pêche, l’équipement des services sous tutelle…, Parfait Kolélas a pris la parole. Premier élément remarquable, sa voie audible qui domine la salle. Deuxième remarque : il répond de manière aussi implicite à son prédécesseur : « quant à moi, le chef de l’Etat m’a tiré d’une école. Je sors de l’école du développement intégral » (A comprendre : l’école du MCDDI de Bernard Kolélas). Puis, il ajoute : « cette école d’où je viens et celle de la nouvelle espérance pour laquelle je suis appelé ont le même objectif : le développement du Congo » (La salle applaudit). Répondant, à sa manière, à la demande de Nvuo qui sollicitait voir ses anciens collaborateurs être maintenus au département, Parfait Kolélas a déclaré : « je n’écarterai personne. Mais, dans un premier temps, je vais travailler avec mon équipe restreinte, et le moment venu, je vais associer tout le monde ».Enfin, le nouveau ministre a confié à son prédécesseur : « Cher aîné, je suis conscient de ton expérience, je ne manquerai pas de solliciter tes conseils ». Ceci avant de conclure : « évidemment, la nature est faite ainsi. Moi aussi, dans deux matin, je serai ex ministre ». (Rire dans la salle). C’est donc après ce discours de P. Kolélas que la séance a été levée. Serge Bruno MIENAHATA |