| MCDDI-UK |
| NTUMI Disparus du Beach |
| Dénouement de la crise du Pool Ntumi : Le statut particulier conféré sous condition… Grâce à la médiation de l’Eglise catholique, à travers Monseigneur Louis Portella Mbuyu, président du comité de pilotage du noyau préparatoire de la concertation citoyenne des ressortissants du Pool, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, vient de signer un décret attribuant à Ntumi un « statut particulier », comme il le revendiquait depuis un certain temps. « Délégué général auprès du Président de la République, chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre, avec rang et prérogatives de ministre délégué », voilà les nouvelles fonctions politico administratives attribuées à Ntumi. Mais avant de jouir de ce statut, il lui est demandé de prouver sa volonté de tourner définitivement le dos à la violence, en incinérant les armes de guerre encore détenues par sa milice. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que ce statut s’accepte sous réserve du côté du Conseil National de Résistance (Cnr, aujourd’ hui en voie de devenir un parti politique sous l’ appellation de Conseil National des Républicains). La médiation entre le gouvernement et le Cnr du pasteur Ntumi avait été engagée il y a pratiquement une année et trois mois. A l’issue d’une rencontre, à l’ aumônerie universitaire de Brazzaville, le 15 février 2006, les filles et fils du Pool avaient mis en place un comité chargé de préparer la concertation citoyenne des ressortissant de ce département. Cette concertation devait avoir comme objectif : favoriser le dialogue entre les enfants du Pool sans exclusive afin de trouver une issue à la crise sécuritaire qui sévit dans cette région, il y a près de 10 ans. Monseigneur Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, et Monseigneur Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, avaient été responsabilisés à la tête du comité préparatoire de cette concertation, respectivement comme président et vice-président. Aussitôt investi, ce comité a pris attache tant avec le Cnr qu’avec le gouvernement pour débattre de la sortie de crise dans le département du Pool. Après donc plusieurs contacts avec Ntumi, dans les profondeurs du Pool, et avec le premier ministre Isidore Mvouba, et même à plus de trois fois avec le président de la république lui-même, ce comité a réussi à accorder les violons entre les parties en négociations pour en finir avec la situation dramatique du Pool. Ainsi, le Cnr a fait parvenir au premier ministre, en date du 5 mai 2007, un cahier de charges de 7 points qui, acceptés par le gouvernement pour la plupart, constituaient les préalables de Ntumi pour participer à la concertation citoyenne des originaires du Pool, d’abord prévue à Kinkala (chef lieu du Pool) du 28-29 avril 2007. Parmi les réclamations que contenait le cahier de charges du Cnr, on pouvait noter : l’attribution à Ntumi (de son vrai nom Frédéric Bintsamou) du statut de « délégué à l’action humanitaire d’urgence et aux catastrophes naturelles », la nomination des collaborateurs du Cnr aux différentes fonctions politico-administratives, l’enrôlement des miliciens Ninjas dans l’armée régulière, etc. Au départ, le premier ministre, Isidore M’vouba a annoncé à la télévision et à la radio d’Etat que la quasi totalité de ces revendications étaient acceptées par le Président de la République qui, disait-il, avait donné sa caution afin que Ntumi soit investi du statut « particulier », tel que défini par le cahier de charges du Cnr. Satisfait de ces concessions, Ntumi avait consenti de ramasser les armes détenues par ses bandes afin de les détruire à la cérémonie solennel de la concertation citoyenne de Kinkala, qui devait être, par la suite, repoussée aux 5 et 6 mai 2007. Mais, au dernier moment, le Cnr a exigé du gouvernement des moyens matériels et financiers pour procéder efficacement au ramassage des armes dans les confins du Pool. Les sources sures parlent de quatre véhicules 4x4 et d’une enveloppe de 120 millions de francs Cfa qui auraient été demandés par Ntumi pour ce faire. Devant cette dernière exigence, la concertation de Kinkala a de nouveau été repoussée à une date qui, jusque-là, n’ est pas fixée. Des grains de sable Juste le temps pour Monseigneur Portella de chercher à recadrer les choses, quelques incompréhensions inattendues sont nées autour du dossier. Selon des sources concordantes, le chef de l’ Etat, Denis Sassou Nguesso, a tenu, par la suite, pour des raisons certainement d’Etat, à conférer à Ntumi, un autre statut en lieu et place de celui de « délégué aux actions humanitaires d’urgence et aux catastrophes naturelles ».Il a fallu encore à Monseigneur louis Portella Mbuyu de revoir Ntumi pour lui rendre compte de ce vœu du Président Sassou-Ngueso. Cependant, la tâche n’a pas été facile pour l’évêque puisque d’autres contradictions non élucidées ont failli dresser un mur entre lui et Ntumi. La preuve, ce dernier n’a pas du tout voulu recevoir le prélat qui a fait le déplacement du Pool, la semaine écoulée, pour tenter de discuter avec lui. Malgré ce désagrément, Louis Portella Mbuyu n’a pas baissé les bras. Il est parvenu à contacter de nouveau le chef de l’Etat qui, en dernier lieu, a attribué à Ntumi les fonctions du délégué général auprès du Chef de l’Etat, chargé de la promotion des valeurs de paix et de réparation des séquelles de guerres, avec rang et prérogatives de ministre délégué ». Le décret y afférent a été signé dans la semaine du 14 au 20 mai 2007. Une seule condition : avant de jouir de ce statut, Ntumi doit prouver sa volonté de faire la paix en incinérant les armes détenues par sa milice. Le commandant de la zone militaire N° 9 Brazzaville, le général Blaise Adoua, a été désigné pour « régler les questions techniques liées à la cérémonie de cette incinération ». Deux sons de cloches ? Du côté du Cnr, on entend deux sons de cloche. Tantôt, nous apprenons que Ntumi est satisfait de cette nomination et qu’il promet, par conséquent, rejoindre Brazzaville d’ici peu pour s’engager dans l’ arène politique avec son parti, le Cnr, tantôt, il nous parvient que le Cnr déplore le fait que le président de la République ait signé ce décret sans régler certains préalables liés à la tenue des élections générales au Congo, telles : la mise en place d’une commission électorale indépendante et la révision des listes électorales dans le Pool. En attendant des déclarations officielles du côté du Cnr, les congolais espèrent, qu’avec le statut conféré à Ntumi, il n’y aura plus d’alibi pour retarder le processus de paix dans le département du Pool. Sergio Téléwo |
Affaire des disparus du beach La cour suprême du Congo s’est prononcée sur l’indemnisation des familles des victimes Dans la première semaine du mois de mai finissant, la cour suprême, au Congo Brazzaville, a rendu un arrêt lié au dédommagement des parents des disparus du beach de Brazzaville en 1999. Ce verdict a fait suite à la saisine des avocats de la partie civile du procès « des disparus du beach »,tenu dans la capitale politique congolaise en août 2005. Ces avocats, à travers ce pourvoi en cassation, relevaient la faiblesse des montants fixés par la chambre criminelle de la cour d’appel pour l’ indemnisation, par le gouvernement, des parents desdits disparus. Le 17 août 1999, à Brazzaville, la chambre criminelle de la cour d’appel rendait son verdict sur le procès des disparus du beach qui avait réuni 85 familles des victimes. Ce verdict condamnait l’Etat congolais, dont la responsabilité dans cette affaire était établie, de dédommager les parents des disparus à la hauteur de 10 millions de francs CFA pour chaque personne déclarée disparue. Invoquant la faiblesse de ces montants, les avocats de la partie civile, maîtres Félix Nkouka, Iréné Malonga, Marcel Goma et Alphonse Nzitoukoulou des barreaux de Brazzaville et de Pointe-Noire, avaient introduit, quelques jours après, pour le compte de leurs clients, un pourvoi en cassation auprès de la cour suprême. Ils exigeaient donc 100 millions Frs Cfa de dédommagement pour chaque victime au lieu de 10 millions Frs Cfa précédemment arrêtés par la chambre criminelle de la cour d’appel de Brazzaville. Ainsi, à l’issue du plaidoyer du 6 avril dernier, la cour suprême a cassé et annulé le verdict de la cour d’appel de Brazzaville, mais uniquement en ce qui concerne les montants alloués pour indemniser les ayants droit, c’est-à-dire les familles des victimes. Au final, chaque famille devra percevoir un montant de 21 millions par personne déclarée disparue. Une décision qui semble satisfaire maître Félix Nkouka puisqu’il a déclaré à la presse que « cette décision constitue un pas important dans l’édification de l’Etat de droit au Congo ». Mais, il faut, sans doute, s’attendre, dans quelques jours, à une réaction contraire de quelques autres familles des disparus qui, n’ayant pas pris part au procès de Brazzaville qu’elles ont toujours qualifié de mascarade juridique, multiplient des initiatives pour que cette affaire soit jugée dans les tribunaux internationaux. Bernard Kongo ///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////// // Législatives du 24 juin 2007 au Congo Brazzaville Le boycott des élections voulu par l’ Opposition a échoué L’appel au boycott des législatives du 24 juin 2007 lancé par les partis de l’Opposition n’a pas donné les fruits attendus. Le corps électoral congolais, estimé à 2 millions d’électeurs a été bel et bien convoqué, ce dimanche 24 juin, dans les bureaux des votes de l’ ensemble du territoire national pour le premier tour des législatives. Au total, 1137 candidats se bousculent pour 127 circonscriptions, le Pool compris. Toutes les tentatives des opposants tendant à empêcher la tenue de ces législatives qu’ils dénoncent sentir l’ odeur de la fraude organisée par le pouvoir en place, se sont avérées vaines sur le terrain. L’Opposition congolaise, actuellement composée de plus d’une vingtaine des partis dont l’UDR-Mwinda de André Milongo, l’UPADS de Pascal Lissouba, le CR de Hervé Malonga, etc. ont, durant plusieurs mois, exigé du gouvernement la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante, l’ établissement consensuel Pouvoir/ Opposition des listes électorales,la distribution à tous les congolais de la carte nationale d’identité entre temps non disponible durant pratiquement 10 ans, la révision de la loi électorale de 2001, le redécoupage électoral,… Ces revendications sont contenues dans un mémorandum que l’Opposition, organisée autour du Front pour la Commission Electorale Indépendante (FCEI), avait déposé sur la table du gouvernement depuis janvier 2006. Malgré toute la pression exercée pour que ces réclamations aboutissent, le gouvernement les a semblées balayer d’un revers de main, conduisant de manière imperturbable le processus électoral tel qu’arrêté. Face à une telle attitude du Pouvoir en place, les partis de l’Opposition, appuyés par quelques formations politiques de faibles tailles et aigries de la majorité présidentielle où elles continuent d’émarger, ont appelé au boycott des élections. Malheureusement, cet appel n’a pas du tout été écouté, faute d’une base dynamique soutenant ces partis constitués en Opposition. La confusion L’UPADS, l’UDR-Mwinda et le RDD qui venaient de signer, à la mi-mai, leur accord de partenariat, se sont curieusement désolidarisés des autres composantes de l’Opposition, avec le dépôt de leurs dossiers des candidatures à la députation, alors que la lutte pour le boycott des élections était encore de mise. En effet, ces trois partis, à l’insu du reste de la famille des opposants, se sont rendus, le dernier jour des dépôts des candidatures pour les législatives, au ministère de l’administration du territoire, à 0 h - 20 min, pour y inscrire leurs candidats. Cette démarche a été mise à nue et sévèrement critiquée par les partis « frères » de l’Opposition qui ont qualifié les trois partis de « trio corrompu ». Des tentatives échouées Malgré cette « trahison », l’Opposition n’a pas baissé les bras. Elle a réussi à pactiser avec le CNR du pasteur Ntumi qui lui aussi, à travers une déclaration commune signée à Voula, dans le Pool, en date du 21 juin 2007, a exigé le report des élections dans les 48 heures qui suivaient. Cette déclaration a suscité une réaction vive de la part de la primature qui a rassuré que les élections se tiendraient aux dates prévues au nom de l’autorité de l’Etat. Alors que les inquiétudes semblaient déjà gagner les esprits, au regard de ces tensions, Ntumi, à l’expiration de son ultimatum, a mis de l’eau dans son vin. Rejetant le principe du boycott, il a déclaré qu’il se retirait « pacifiquement » de la course électorale, ainsi que tous les candidats de son parti, puisque, a- t-il fait savoir, les conditions dans lesquelles ces élections sont organisées ne sont pas loin d’une véritable mascarade . Par, ailleurs, les différents meetings de l’Opposition programmés à Pointe-Noire pour également lancer l’ appel du boycott ont simplement été interdits par les pouvoirs publics qui ont fait savoir que ces genres de rassemblements politiques sont de nature à troubler l’ ordre public. Serge Bruno Mienahata |
LE PARLEMENT AU CŒUR DE NOS SOCIETES OU COMMENT RECONCILIER LES INSTITUTIONS ET LE PEUPLE. Par Emeline DIAGNE Il est des professions qui sont attirantes, prestigieuses, de prime abord, mais qui cachent de lourdes, de très lourdes responsabilités vis-à-vis des autres. Ces professions demandent de la disponibilité, le sens de l’ écoute et le sens du devoir. Puisque les autres nous ont donné leur confiance, il nous incombe de les respecter et surtout de ne pas décevoir. Les autres, c’est le peuple, et ceux à qui il donne leur confiance, ce sont les députés entre autres. C’est un travail immense que d’être député. La population formule des attentes aux candidats à la députation, et l’élu sera celui qu’elle aura pressenti capable de répondre le mieux à ses préoccupations. Il faut dire que, le rôle et le travail des députés au sein du parlement ne sont pas bien compris par la population. La mission des futurs députés du Congo sera de rendre crédible leur travail, de soigner leur image envers le peuple afin que celui-ci croit de nouveau en la force des institutions, à l’importance du vote qui est un devoir civique et l’expression de la démocratie. L’engagement de nos dirigeants politiques dans la voie de la paix, de l’entente et de la réconciliation nationale doit faire prendre conscience aux élus, de la nécessité de fournir un travail visant à réhabiliter nos institutions. Car toute société a besoin de normes et de règles pour garantir à chacun de nous des droits et des devoirs sans quoi le désordre, l’anarchie et la barbarie seraient inévitables. Se doter des institutions fortes, respectueuses des droits de chacun est un gage de stabilité et de progrès social. Rappelons que la Grèce ancienne avait déjà posé les jalons d’une société dans laquelle la loi, c'est-à-dire des règles, réglementent la vie sociale. Ainsi la cité d’Athènes jetait les bases de la démocratie parlementaire, fondée sur deux principes essentiels : • la décision collective des citoyens réunis en assemblée • la délégation par ses citoyens de pouvoirs à des magistrats et à des conseils. On assiste à l’avènement du congrès aux Etats-Unis en 1787 et de l’assemblée nationale en France le 17 juin 1789. Par ailleurs, l’âge de ces institutions doit nous interpeller sur leur caractère presque sacré dans une démocratie. Mais il faut noter que, nos pays nous offrent tout aussi, outre l’espace parlementaire, d’autres outils pour servir sa patrie. Même si la veille d’élections législatives donne souvent lieu aux querelles de pouvoir, et de positionnement, il convient de les dépasser et de prendre conscience que l’heure est à l’unité et non à la désunion. Il y’a certes de la déception chez certains candidats potentiels, mais chaque personne qui est animée du désir de servir son pays, ou la collectivité, peut bien trouver ailleurs la satisfaction de ses aspirations, dans la mesure où il y’aura d’autres rendez vous. Soyons solidaires des candidats désignés car ils sont aussi porteurs de projets d’espoir, qui ne sont autres que ceux d’un parti politique. Et chacun d’entre nous peut s’y retrouver. D’autre part, les préoccupations du peuple doivent pouvoir se retrouver sur l’agenda des politiques au sein des assemblées. Il est vrai que l’élection d’un député dans nos pays peut être accueillie avec un certain degré de satisfaction. Mais n’oublions pas les responsabilités et les devoirs que cela implique. Parce que tout d’abord le peuple fait de nous des législateurs, c'est-à-dire nous confie la responsabilité de fixer des règles de vie en société, d’encadrer les politiques publiques. Le législateur étudie, analyse, propose, vote les projets de loi et contrôle l'action gouvernementale. Mais son travail ne s’arrête pas là, il a aussi ce devoir d’aller rencontrer les habitants de sa circonscription, d'échanger avec eux, sur des questions de fond, et aussi sur les préoccupations locales. Ses prises de positions au Parlement, ses questions au Gouvernement et son travail de préparation des lois sont éclairés et guidés par des échanges permanents avec les concitoyens. Alors, si le peuple vous fait confiance en déléguant une partie de ses droits, la morale politique voudrait qu’ on s’occupe de ses problèmes, et en aucun cas la veille d’élection ne devrait marquer le début de dialogue avec les populations. Car l’élu doit constamment être à l’écoute de la collectivité. Ce dernier doit s’informer sur les problèmes de logements, d’éducation, d’emplois, d’impôts et de santé publique. Il s'assure que les programmes publics répondent bien aux besoins des populations. Il endosse l’habit d’ambassadeur en participant, de temps à autre, à des missions qui les amènent à échanger avec d'autres parlementaires sur des sujets d'ordre économique, socioculturel, etc. Donc l’ exemplarité doit être de mise. Prions pour que les élections se déroulent dans la paix et qu’elles ouvrent la voie vers un changement profond, durable de nos institutions et des pratiques politiques dans leur ensemble. Emeline DIAGNE |