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| LES MIGRATIONS VERS L'EUROPE DES CITOYENS AFRICAINS Par Madame Diagne Emeline Diplomée des Universites de Paris , Villetaneuse et Versailles. Maitrise en sciences sanitaires et sociales. Mastère en science technologie sante Specialite Promotion de la sante dans les services sanitaires et sociaux. Leur seul tort c’est de voyager dangereusement, de s’exposer à la mort et d’attendre un peu trop de L’ occident. Mais, qui peut leur interdire de chercher à créer de meilleures conditions de vie pour eux et leur famille. Et pourtant Ils sont souvent jeunes, ambitieux et pleins de rêve dans la tête ; Ils pensent qu’ailleurs il y’a un avenir, un destin autre et certainement une vie apaisée. Notre vie est-elle déjà déterminée selon la zone géographique de naissance ? Pouvons-nous alors intervenir dans notre destin ? Sommes-nous libres de le modifier, de le façonner selon notre bon vouloir ? La fatalité existe-t-elle vraiment? La vague des migrations qui secoue l’Afrique doit nous interpeller tous. Il faut reconnaître cependant que, nos dirigeants sont les premiers interpellés. Dés lors qu’ils ont accédé à la magistrature suprême, ils ont pris l’engagement de servir leur peuple, donc de créer les conditions favorables à une vie décente. Les responsables politiques ont le devoir de veiller à l’accomplissement de cet engagement ; afin de ne pas inciter la population au départ permanent vers d’autres terres, au désespoir, et surtout au détachement d’ avec leur terre natale. Le danger guette aux portes de l’Afrique. Car, depuis des décennies, l’Afrique se vide de ses forces vives, de ses cerveaux, il s’affaiblit de ce fait. Alors, nos dirigeants et responsables politiques ont comme mission de créer les conditions de vie acceptables et favorables à la vie. De sorte que le peuple africain puisse encore avoir de l’espoir, et faire revivre la flamme patriotique et panafricaine qui s’éteint petit à petit chez certains de nos concitoyens. Ce désarroi s’exprime à travers certains aspects, comme, La jeunesse sacrifiée, l’exil volontaire des forces vives (excepté l’exil imposé par les guerres), des forces de travail, avec pour récompense, la mort quelques fois ou l’espoir. C’est la mauvaise nouvelle redondante depuis ces dernières années dans notre continent laquelle se traduit par les départs de nombreux africains vers l’Europe par pirogues et autres moyens peu fiables, et surtout de moins en moins sécurisés. Peut-on rester sans réagir devant ce drame qui dépouille l’Afrique de sa force de travail au moment où elle en a le plus besoin ? Ils risquent leur vie à chaque fois qu’ils s’agrippent à l’une de ces pirogues de la mort, dites parfois pirogues de l’espoir par certains observateurs. Et puis, ce n’est pas normal que l’on reste muet, face à un tel drame qui touche le continent dans son entier, et dans ce qu’il a de plus cher, sa jeunesse. Par ailleurs, nous assistons présentement en Europe à une véritable chasse à l’homme : l’immigré clandestin couramment appelé le « sans papier » prévoyant déjà pour la France 125000 expulsions cette année en ce qui concerne le ministère de l’immigration et de l’identité nationale de Brice Hortefeux. L’immigré clandestin est au centre des débats et des préoccupations des politiques européennes, allant même jusqu'à inventer la formule du codéveloppement, comme solution au phénomène de l’immigration. C’est ainsi que le concept de « l’immigration choisie » émerge. Concept, qui n’est rien d’autre qu’un tri sélectif au sein même de la communauté africaine. Il s’agit donc de choisir dans ce continent des candidats jeunes, mieux formés, capables de palier à leur pénurie de main d’ œuvre dans certains domaines d’activité de leur économie ;de résoudre aussi le problème du vieillissement de la population et de participer au financement du système de la retraite, dont la majeure partie de cette population sélectionnée ne bénéficiera pas. Cela ressemble étrangement à ce que l’Afrique a connu il y a des siècles. En effet, le parallélisme entre la traite négrière et l’esclavage moderne est plus que probant. Car la traite négrière consistait tout simplement à choisir parmi les africains, les plus forts qui étaient aptes à travailler pour la prospérité et le développement de l’occident, ce qui s’est rajouté en plus à cette force physique sollicitée, c’est la formation intellectuelle, qu’on exige aux candidats à cette immigration choisie. Autant, la traite des noirs a concerné toute l’Afrique, autant l’esclavage moderne, l’immigration choisie déguisée concerne tout aussi les africains dans leur ensemble. C’est l’unité de l’Afrique qui apportera les solutions durables à ce problème. De ce fait, Ce qui se passe dans une région quelconque d’Afrique, concerne aussi le reste de ce continent. Peu importe leur nationalité, peu importe leur culture, leur origine, ces candidats au départ, restent avant tout des citoyens africains. Ce voyage dans des conditions dangereuses me fait penser malheureusement au jeu du foulard auquel jouent certains enfants dans la cour de l’école en France. Oui, ces enfants s’amusent à s’étrangler jusqu’à perdre connaissance. Certains y reviennent avec leur souffle vital, d’autres y laissent leur vie. Prendre la décision de rejoindre l’Europe par la mer avec un bateau de fortune ou pire, avec une pirogue, c’ est lancer un appel au secours, c’est bien un SOS. Ils mettent leur vie en danger, parce que dit-on, « ailleurs c’est toujours mieux qu’ici, c’est sûr ». Le périple vécu par ces frères, sœurs, pères et mères, ressemble à un étranglement permanent, « parce qu’ on en peut plus de vivre dans une telle misère », pas de travail, pas d’argent pour se nourrir, encore moins pour se soigner. Cette humiliation des candidats à ce périple, ces conditions de vie difficiles pour eux en Afrique, frappent l’homme dans sa dignité, dans son orgueil, et fait ainsi miroiter le mirage de l’EUROPE ? Europe eldorado ou l’Europe d’escale pour l’Amérique, etc. Ah ! Qui peut le leur reprocher, qui peut empêcher leur départ si cher économiquement en plus. Sinon que de créer des conditions favorables à la vie, à la santé chez eux. Ils partent car ils sont convaincus que c’est leur seule chance de vivre dans des conditions décentes, de vivre dignement, d’être fière de soi et de prendre soin de sa famille. Il n’ya pas assez de solidarité entre les africains en Afrique, il faut le dire. Nous ne pouvons pas attendre les bras croisés d’autres pirogues tout en espérant qu’ils arrivent sains et saufs à bon port. Quelles solutions proposer ? Comment stopper cette hémorragie interne de l’Afrique ? Il faut redonner aux africains l’envie de rester vivre en Afrique, grâce à une bonne gestion des ressources disponibles (économiques, naturelles, sociales), le lien social, les solidarités ne remplissent plus leur rôle dans la société africaine contemporaine. Pensons à la redistribution des richesses. En effet, la redistribution des richesses dans la société africaine, les Etats ne la connaissent pas. Les riches doivent donner aux pauvres, par le biais d’un impôt peut être qui permettrait de créer un fond de lutte contre la pauvreté en Afrique. Pourquoi toujours attendre une aide de la banque mondiale, du Fonds monétaire internationale(FMI), des agences de coopération et de développement. L’aide dont les africains ont besoin se trouve dans le fondement même de l’identité africaine, le lien social, la solidarité et la joie de vivre. En Afrique, la base du lien familial, c’est l’existence même des familles nombreuses, plus on est nombreux, plus l’on est apte à veiller les uns sur les autres. Cependant, les solidarités n’existent quasiment plus en Afrique, l’individualisme tend à se substituer à cet élan presque naturel d’entraide. Il est plus que probable que le nœud du problème se situe à ce niveau. Revenons à notre impôt, contre la pauvreté, cet impôt constituera la base du soutient que demandent tous les africains désespérés et préférant quitter leur terre natale en risquant leur précieuse vie. Que les riches aident les pauvres, quoi de plus équitable. Ce n’est que justice. Cela me fait d’ailleurs penser à la théorie d’éthique biomédicale dans la santé : la théorie utilitaire ; c’est-à- dire, faire le plus grand bien au plus grand nombre. Comme les pauvres sont plus nombreux que les riches en Afrique, cette théorie s’applique parfaitement. Les occidentaux sont très riches certes, mais ils sont aussi, très solidaires, la redistribution des richesses fonde le système social et est assurément l’une des clefs de leur succès dans leur développement socioéconomique. Je pense très sincèrement que cette piste pourrait apporter des réponses à grand nombre de questions de subsistance que posent les citoyens africains. Le citoyen africain ne doit pas penser que le bonheur et l’espoir se trouvent seulement du côté du pouvoir. Il revient donc à nos dirigeants de se remettre en cause et de revoir les pratiques en vue de créer les conditions d’une justice équitable et de l’égalité des chances pour tous. Dans les pays occidentaux, le commun des mortels n’a rien à envier à ceux qui occupent des postes de responsabilité, car ceux-ci s’efforcent d’être justes et équitables ; et ne détournent pas l’objet du pouvoir, au bénéfice de leur enrichissement personnel excessif, allant jusqu’à narguer le citoyen moyen. Il est temps que l’africain qui qu’il soit sache qu’il a une part de responsabilité dans la dégradation de la situation socioéconomique du continent. Au lieu d’envier l’autre, efforçons nous de créer des possibilités par nous même d’abord et demandons de l’aide si nécessaire, par la suite. L’issue réside dans le travail, la solidarité et le partage entre les peuples d’Afrique. Mettons nous au travail puisqu’il permet le progrès de l’humanité et le développement de la civilisation ; son absence n’est rien d’autre qu’une forme d’aliénation et de régression de la société. Arrêtons d’être nostalgique du passé, nous pouvons redéfinir la valeur travail et inventons un environnement propice à notre épanouissement. Ne faisons pas du copier-coller bien qu’on peut être inspiré par ce qui se passe ailleurs. Soyons juste les acteurs de notre propre développement. Emeline DIAGNE |